De l’eau dans mon vin… dans ma classe

Comme vous le savez peut-être j’ai la grande chance d’accompagner des enfants dans une classe 6-9 Montessori.

C’est ma première année en tant qu’éducatrice 6-9 et ma première année seule aux commandes d’une classe.

J’ai longuement réfléchi à comment je souhaitais accueillir les enfants, les accompagner, répondre à leurs besoins individuels tout en construisant une ambiance de classe propice au travail et à leur épanouissement.

L’environnement de travail souhaité en classe 6-9 Montessori est bien différent de celui des 3-6 ans. On souhaite favoriser l’imagination, la réflexion la coopération.

Les enfants sont invités à travailler par petits groupes, à mener des projets, à organiser des sorties. C’était mon programme en démarrant en septembre.

Et très vite, j’ai dû accepter que mes exigences étaient trop élevées pour plusieurs raisons :

  • J’ai 8 élèves. C’est peu et précieux pour faire du travail individuel avec chacun, mais c’est trop peu pour une ambiance de travail collective. Trop peu d’émulation, trop peu d’enfants par classe d’âge ou par centre d’intérêt commun pour qu’ils puissent avoir des envies fortes de travailler spontanément ensemble pour des projets ou des exposés. Du coup, ce sont souvent les mêmes qui travaillent à plusieurs.
  • C’est la première année que cette classe démarre. Les enfants n’ont donc pas le modèle des aînés de la classe habitués au fonctionnement pour prendre modèle et pour les inspirer. Même si les enfants que j’accompagne sont des crèmes, il faudra quelques années pour que l’ambiance souhaitée se mette en place. C’est donc à moi de veiller à amener les enfants en douceur vers le travail
  • La plupart des enfants que j’accueille ne viennent pas d’un environnement montessorien, et n’ont pas tous l’habitude de travailler en autonomie, pour et par eux-mêmes. Certains ont une relation à l’école et aux apprentissages compliquée. Il est capital de construire une relation de confiance avec eux avant d’espérer les accompagner plus loin. De plus, il est inutile de leur demander de mener des grands projets ensemble quand les fondamentaux restent à consolider.

C’est pourquoi j’ai dû adapter certains de mes souhaits de « classe idéale ». Utiliser des outils plus « traditionnels » de travail autonome.  Chercher des fichiers tout prêts de lecture (et je découvre le monde des instits blogueurs qui partagent des mines d’or de travail !). Prendre du temps de rééducation à l’écriture…

J’ai mis de côté mes attentes, et adapté le travail aux enfants que j’avais en face de moi. Rien n’est encore gagné, chaque journée amène son lot de bonnes surprises et de tracto-capillarité (arrachage de cheveux !), mais nous avançons pas à pas.

J’apprends autant qu’ils apprennent, et je suis extrêmement reconnaissante d’avoir la chance de passer mes journées avec eux, et de les voir avancer dans leurs apprentissages et leur épanouissement.