Gratitude

Hier j’ai parcouru mon fil Facebook d’un oeil distrait pendant que j’attendais que ma dernière s’endorme. je suis tombée sur l’article de Julie du Zunzun blog, qui faisait écho à celui de Soline du blog S’éveiller et s’épanouir de manière raisonnée.

Le filtre des réseaux sociaux

Elle y explique qu’on ne dévoile sur internet le plus souvent que les bons moments de nos vies, les moments « instagrammables ». Les sourires de nos enfants, leurs premières fois, ces recettes réussies, et nos voyages au bout de la Terre…

Il est plus difficile de partager nos échecs et nos épreuves, qu’il s’agisse de recettes ratées (merci à Ciloubidouille de partager ses fails), ou de partager des événements traumatisants comme La mite Orange a eu le courage de le faire (son billet m’a fait frissonner et pleurer).

Virtuellement, tout ALLAIT bien

Je pense, en ce qui me concerne, avoir consciemment ou non suivi cette tendance, mais pas seulement sur les réseaux sociaux.

Ces dernières années, pendant que nous montions le projet de l’Oasis, que nous nous intégrions dans une nouvelle région et que je démarrais une nouvelle carrière d’éducatrice Montessori, j’ai commis les erreurs suivantes :

  • répondre « ça va » en serrant les dents, quand on me demandait comment j’allais
  • refuser l’aide qu’on me proposait
  • accepter trop souvent de rendre service à des amis quand cela ne faisait que repousser mes limites
  • négliger de garder contact avec ma famille et mes amis (mea culpa)

Résultat, quand j’ai pris conscience que je n’allais vraiment pas bien cet hiver, je m’étais enfoncée trop loin dans les dissimulations pour demander de l’aide.

Et quand j’ai explosé, au printemps, je n’ai plus eu le choix.

Lacher prise, être authentique

J’ai accepté de partager ce moment complexe à gérer personnellement, familiale ment, professionnellement.

J’ai pleuré au téléphone, et sur l’épaule des amies.

J’ai accepté l’aide qu’on me proposait, et j’en ai demandé plus.

Me faire inviter à manger, laisser quelqu’un étendre mon linge, accepter que mes enfants dorment chez des copains ? Oui, mille fois oui, si cela me permettait d’alléger un peu mon quotidien, de gagner quelques heures de sieste et de me ménager.

Je me suis montrée vulnérable, et j’ai bien fait. Vous savez pourquoi ?

Parce que j’ai montré que j’étais prête à accepter de l’aide, toute l’aide possible. Et c’est à ce moment là que j’ai été touchée. Touchée en plein coeur par l’amour qu’on m’a renvoyé.

Des coups de fil, des courriers, des petits textos réguliers, des mails, des invitations à déjeuner, à dormir, à me former, à danser, des longues discussions, des billets de train pour aller me ressourcer en famille, de l’aide pour partir en vacances avec Sam et les roudoudous, des visites à l’Oasis programmées et impromptues… La preuve d’amour la plus dingue dans tout cela, c’est celle qui me permet de m’évader de l’Oasis quelques jours à Chicago dès demain (oui, oui, Chicago !) et de passer du temps avec un vrai rayon de soleil ambulant.

Gratitude

Si je n’avais pas montré ma détresse, ma colère, ma tristesse de manière aussi transparente, je pense que j’aurais pu continuer un moment à faire semblant. Faire semblant d’aller bien. Mais c’est seulement parce que j’ai avoué que j’allais mal que j’ai pu me laisser aider. ou me laisser aimer.

J’ai compris que demander de l’aide ne revenait pas à demander la charité et je suis pleine de gratitude pour cette belle leçon (parmi tant d’autres) de cette année 2017.

Et j’ai réalisé que malgré les années qui passent et les kilomètres qui nous séparent, certaines amitiés sont plus solides que ce que je pensais.

Je suis aussi extrêmement reconnaissante envers Sam, qui m’a accompagnée dans ce tourbillon aussi bien qu’il l’a pu. C’est lui qui me pousse à prendre soin de moi d’abord, à me former, à me ressourcer et à partir en voyage seule. Il sait souvent avant moi de quoi j’ai besoin pour aller bien.

 

Et La suite ?

Je me suis promis d’être plus honnête, avec moi-même et avec vous.

De vous partager mes réussites, mais aussi mes échecs. Mes convictions, et mes doutes.

Je compte sur vous pour me rappeler à l’ordre quand je posterai trop de photos mignonnes sur Instagram, pour me poser les questions qui me font réfléchir et prendre du recul.

Il paraît que prendre conscience de nos moments de gratitude aide à améliorer globalement son bien être. Alors, pour finir ce long roman, une petite question : pour quoi ou pour qui ressentez-vous de la gratitude, là, maintenant, tout de suite ?